18.08.2008

1er octobre

Finalement, nous avons passé la soirée chez Gwenina, aucun film nous intéressait au ciné, nous avons regardé les noces funèbres, Emily est toujours aussi jolie… dommage qu’elle n’existe qu’en images de synthèse, ce film est vraiment super beau, j’étais contente de le voir,enfin revoir, c’était le dernier film que j’étais allée voir au ciné, j’avais du faire une mission commando pour aller à Dijon, puisqu’il passait pas à Langres.

On ne peut pas dire que je regrette la Haute-Marne à ce niveau, au moins à Paris, je peux aller où je veux , quasiment quand je veux, il suffit que je prenne le métro et je suis là où il faut, je n’ai plus besoin de prévoir trois jours avant ce que je fais, je ne dois plus chercher un moyen de faire les 60km qui me sépare de la ville, en plus, comme ils sont super malins, ils ont mis la gare en pleine campagne et donc même si j’avais voulu, je n’aurai pas pu y aller sans l’aide de mes parents…

Maintenant, je prends mon sac, ma carte imagine r, mes chaussures et je vais au ciné si je veux, je vais dans les magasins si je veux, je préviens personne et voilà, j’appelle ça la li-ber-té !

Bref, donc samedi 18H, je me suis faite toute belle (si si c’est possible), j’ai mis mon plus beau baggy grungé avec amour, un t-shirt , j’hésite à prendre un pull, je me dis que si j’ai froid « la fille de la fac » me prêtera le sien, car c’est une parfaite gentlewoman, (L’espoir fait vivre donc laisse moi rêver ! ) , je prends de quoi me payer ma place parce que gentlewoman ou pas, je me fais pas acheter, et me voilà partie pour l’UGC-Bercy. Arrivée devant le ciné, légèrement en avance, je décide de l’observer pendant cinq minutes, elle a l’air un peu stressé donc finalement je sors de ma cachette au bout de deux minutes, je m’approche d’elle avec un sourire assez euh crispé, elle s’avance vers moi, elle me demande si j’ai pas eu trop de mal à trouver, après on regarde les affiches de films, rien ne nous plait, on blablate cinq minutes pour savoir ce qu’on fait.

Puis, elle me dit qu’on peut aller chez elle, l’idée ne me déplait pas, je doute qu’elle soit le grand méchant loup, et même si c’était le cas, je me laisserai manger sans problème. On regarde au métro, on parle de choses et d’autres, on arrive devant son immeuble, mademoiselle avait oublier de me dire qu’elle habite dans le 16eme, eh oui quand je choisis mes copines je ne prends pas n’importe qui hé hé, elle tape le code pour ouvrir la porte, on monte les escaliers, elle ouvre une grosse porte blindée, me fait visiter l’appartement que ses parents louent pour elle et son frère, sauf que son frère vit officieusement chez sa copine…

Après la visite, on se pose ou plutôt affale sur le canapé, elle lance le DVD, et au fur et à mesure du fil, se rapproche de plus en plus de moi, je ne bouge pas, et presque à la fin, elle pose timidement sa main sur la mienne, alors je tourne la tête je lui fais un sourire rassurant et pose mes lèvres sur les siennes, là j’ai un petit choc électrique, je décolle ma bouche sauf que je ne m’attendais pas à ce qu’elle susurre « encore », on ne peut pas dire que ça soit un travail embêtant donc je me suis pas faite prier pour recommencer mes baisers. Je passe mes mains dans ses cheveux, je la bisoute dans le cou, je la fais languir en m’arrêtant dès que je la sens un peu trop partir, je lui léchouille les oreilles, la demoiselle sans prénom à l’air de bien apprécier… et juste au moment où j’allais glisser mes mains sous son t-shirt, on entend la porte s’ouvrir et comme le salon est pile en face, son frère nous voit dans une posture pas super correcte, heureusement ça le fait plus rire qu’autre chose et ses premières paroles sont « bonsoir chère inconnue, je vois que vous vous occupez bien de ma petite fille » « (rouge de honte) euh oui, mais c’est super agréable le baby-sitting avec une si jolie et gentille fille » « oui, je n’en doute pas » , après il s’est approché de nous, et s’est presenté « moi c’est Arthur, le grand frère de Gwenina, et là c’est ma copine Cécilia » « enchantée de faire votre connaissance » « pareillement » . Gwen a moyennement apprécié cette interruption et a rapidement envoyé son frère voir ailleurs si on n’y était, une fois qu’il était parti avec Cécilia, on a repris nos activités là où nous les avions laissé, non ce n’était pas voir la fin du film notre objectif à ce moment là…, c’était plus manuelle et buccale comme activité.

Bref, tu as vu ça comme j’apprends rapidement? Elle se décoince vite la petite Juliette innocente. Mais rassure toi, nous sommes presque restées totalement habillées, eh oui !! Il ne faut pas coucher le premier soir, question de principe. On va plutôt attendre ce soir, puisqu’elle vient à l’appart, j’espère que Romane ne sera pas là, j’ai pas vraiment envie qu’elle sache que j’aime les filles, on ne jamais prévoir les réactions que les gens peuvent avoir face à l’homosexualité …

11.08.2008

27 septembre 2006

Je ne le pensais pas mais les miracles existent !! Une fille de ma promo, trop jolie, m’a parlé aujourd’hui, elle m’observait depuis la pré-rentrée et se demandait pourquoi je suis toute seule, bon euh en fait je vais retranscrire notre dialogue avant de l’oublier.

Imagine, je suis entrain de lire Génération arc-en-ciel sur les marches entre le deuxième et troisième ,avec mon i-pod qui passe Tegan et Sara et puis d’un coup je vois une ombre au-dessus de moi alors je lève la tête et je vois une jeune fille, enfin d’abord des globes puis un jeans tout bien grungé comme il faut, un t-shirt noir avec écrit « I am what am I » et encore après je distingue un joli petit piercing au labret sur le visage d’une jeune fille souriante. Bien sur, j’ai cru que je la gênais pour passer alors je me suis décalée mais elle ne bougeait pas donc j’ai enlevé mes écouteurs en me disant « oh mais peut être qu’elle me parle, il faudrait que je l’écoute »… Bref passons à la discussion à proprement parler :

« Wouhou?? Tu m’entends?

-Oups, désolée j’avais de la musique je ne t’ai pas entendu arrivée

-C’est pas grave.. T’écoutes quoi?

- Tegan et Sara, tu connais?

-Oui !!! Bien sur j’adore

-Oh (rougissante) on a déjà un point commun.. Mais tu voulais quoi au fait?

-Rien de spécial, juste te parler, tu es toujours toute seule, je me suis dis que tu dois t’ennuyer, ai-je tort?

- En partie, j’aime être seule, mais trop de solitude tue la solitude, et ma nouvelle vie parisienne est vraiment vide, mais bon , j’essaye de m’y faire, en même temps je n’ai pas vraiment le choix.

-Tu viens d’où? T’habites où? Pourquoi tu es partie? Tu vis seule? T’as quel age? Tu t’appelles comment?

-Euh… ça fait beaucoup de questions… Alors, je vis seule en collocation à la limite entre le 3eme et le 4eme, à la base je vivais à Langres et je suis partie après une dispute assez violente avec mes parents. Sinon j’ai 18ans et je m’appelle Juliette.

-Oh oh !! Tu cherches ton Roméo? Pourquoi tu t’es engueulée avec tes parents? Tu n’es pas obligée de répondre si ça te gêne.

-(toute rouge) Euh … non je ne cherche pas mon Roméo, c’est justement à cause de ça que mes parents m’ont pris la tête et que j’ai décidé de partir, ils n’accepteront jamais mon choix.

-Ah ouais, je comprends, mais bon c’est pas grave, tu as une nouvelle famille maintenant (avec un grand sourire)

-Ah bon? Qui ça?

-Ben MOI !!!!

-Euh.. Okay Mais on se connaît que depuis trois minutes.

-Non non, tu me connais depuis trois minutes, moi je t’observe depuis que je t’ai croisé le 15. Et pour mieux nous connaître, je te propose d’aller prendre un café tout de suite. Pas la peine de refuser en prétextant un cours, je sais que tu es libre pendant deux heures !! »

Comme je suis une jeune fille polie et obéissante, je l’ai suivie dans un petit café sympa qui est juste à coté de la fac. Là-bas elle m’a présenté trois de ses copines, et à chaque fois, quand elles sont parties elles lui ont dit « joli choix » avec un clin d’œil, je ne sais pas comment le prendre, on va dire que c’était un compliment, enfin il se peut que ça ne soit pas en rapport avec moi, en effet toutes les filles ne sont pas lez… Romane par exemple ne l’est pas… c’est dommage d’ailleurs.

Enfin bref, samedi soir je vais au ciné avec « la fille de la fac » oui ben j’y peux rien si sous le coup de l’émotion j’ai oublié de demander son prénom. C’est facile pour toi de critiquer, tu n’es que papier et tu ne te fais accoster par personne, il n’y a que moi qui t’utilise.

04.08.2008

17 septembre 2006

Aujourd’hui, quand je suis rentrée de la fac, j’ai eu une très très belle surprise, Romane avait rangé tout l’appartement, elle avait même préparé le repas, et elle m’a accueillis comme une princesse. J’ai cru que je m’étais trompée d’étage et que ma voisine du dessous attendait un invité et a cru que c’était moi. Je n’ai même pas eu le temps d’ouvrir la porte, elle m’avait attendu derrière et quand elle a entendu mes pas, elle l’a ouverte avec un grand « Bonjour », puis m’a ordonné d’aller me mettre à table car le repas allait refroidir. Ses spaghetti étaient délicieuses, même celle avec laquelle j’ai failli m’étouffer quand Romane m’a demandé comment s’est passé mon premier jour de cours, je ne savais pas qu’elle était au courant de ma date de rentrée, j’ai répondu timidement, et puis la conversation s’est enchaînée jusqu’à 23h, heure à laquelle je suis allée me coucher afin d’être fraîche et dispo pour mon deuxième jour de cours.

C’est très agréable de pouvoir parler avec Romane, elle a des avis sur tout, mais elle respecte aussi celui de son interlocuteur, elle sait écouter. J’espère que c’est la première conversation d’une longue série

 

24septembre 2006

Ma première semaine de cours est terminée, j’ai passé une semaine seule encore une fois, je suis anonyme au milieu de tous, tout le monde passe à coté de moi sans me voir, c’est normal, je n’ai pas plus d’intérêt qu’un mur. Je vais bientôt oublier comment on fait pour parler tellement j’utilise peu mes cordes vocales…

En amphi je suis seule, en TD aussi… et tous les autres ont l’air d’avoir déjà leur groupes d’amis, c’est pas normal !!! Ils viennent de toute l’île de France voir de toute la France et pourtant ils se connaissent déjà, et ils sont déjà intégrés, c’est pas juste !

Avec Romane, ça va de mieux en mieux,chaque jour quand je rentre de mes cours, un repas chaud m’attend, c’est très agréable, malgré le fait que ça me rende nostalgique du temps où je vivais chez mes parents et que je n’avais qu’à mettre les pieds sous la table. Et puis , cette semaine elle était à la grotte le soir et la nuit, ses amis ont probablement repris la fac ou le travail et donc ils ne restent plus en teufs toute la nuit. Ça m’a rassuré de savoir que je ne suis pas seule à l’appart, j’ai encore un peu peur la nuit, surtout quand j’entends la porte ou le parquet du voisin grincer, heureusement, nous ne vivons pas au rez-de-chaussée et ça limite les risques d’intrusion par les fenêtres. Enfin, il y a toujours le balcon mais peu de monde s’amusera à grimper de balcon en balcon jusqu’au cinquième étage pour voler dans l’appartements de deux pauvres étudiantes qui viennent juste d’emménager et donc n’ont pas vraiment d’objets précieux mis à part une télé, un ordi et une chaîne hifi chacune.

Ah oui, j’ai oublié de t’expliquer ce qu’est la grotte, en fait, c’est le nouveau nom que j’ai trouvé à mon home sweet home, je suis un petit ours et des que je peux, je me réfugie dans ma tanière sécrète et après je ne vois plus personne, comme un ours va dans sa grotte pour se protéger des attaques extérieurs ou va dedans pour hiberner. Enfin bon, j’espère que mon hibernation ne durera pas une éternité j’aimerai bien sortir un jour et me sentir en sécurité dans la rue… c’est pas gagner. Et puis, Romane c’est ma maman ours, mais elle considère que je suis grande et donc que je n’ai plus besoin d’elle, sauf pour manger car je n’ai pas encore appris à chasser par moi-même alors elle doit encore me ramener de quoi me nourrir. C’est triste d’être rejeter par sa mère comme ça, mais ça fait partie de l’apprentissage de la vie, il parait que ça permet de mûrir, tu crois que ça veut dire que pour l’instant je suis toute verte et quand j’aurai fini d’habiter avec Romane, je serai devenue une belle fruite toute rouge? Et puis je serai toute sucrée, brillante et tout le monde voudra me croquer car je serai le fruit le plus mimi qu’il existe?

….

Je crois que je devrais arrêter de rêver, Romane ne va rien faire pour me faire grandir, car ce n’est pas son rôle, elle est ma collocatrice, pas ma baby-sitter et je dois apprendre à ne pas attendre que les autres m’aident, car ils ne le feront pas… c’est dommage mais c’est comme ça.

28.07.2008

16 septembre 2006

Je hais Paris, je hais Romane (ma collocatrice ) je hais les dimanches. Je ne supporte pas de la voir vivre alors que moi je suis enfermée dans cet appartement où je me sens étrangère, rien n’est à moi à l’extérieur de la pièce qui me sert de chambre, et je n’ose pas déposer des affaires, même mon gel douche et ma brosse à dents ne restent pas dans la salle de bain. Je ne suis que de passage ici, comme une invitée, sauf que personne ne se préoccupe de moi, je ne suis rien en fait.

Hier soir, elle est encore sortie, et elle n’est toujours pas rentrée, il est pourtant 13h, et moi je suis réveillée depuis plusieurs heures, je ne suis pas allée prier puisque je suis devenue athée le jour même où j’ai entendu le Pape parler de l’homosexualité, je ne peux pas accepter de croire en quelqu’un qui laisse dire ça par la personne qui est censé le représenter sur Terre. Et puis, aller à l’église me rappelle trop l’horrible été que je viens de passer, aller à la messe le dimanche matin était ma seule sortie autorisée. Mes parents, surtout ma mère, pensaient que les prières allaient me faire changer… la seule chose qui a changé en moi, c’est ma maturité , j’ai du accepter de devenir adulte d’un coup puisque je devais pouvoir me débrouiller par moi-même. J’ai fais toutes les recherches d’aides, de logement, de fac qui m’accepte et les démarches officielles seule , sans l’aide de personne, pas même celle d’Agathe qui était pourtant ma meilleure amie jusqu’à ce qu’elle sache que je n’avais pas que des sentiments amicaux pour elle. Enfin c’est-ce que je pense puisque du jour au lendemain je n’ai plus eu de nouvelles et bizarrement c’était juste après que ma mère fouille dans ma chambre, trouve des poèmes pour Agathe et les donne à la sienne.

C’est dommage de gâcher 10ans d’amitié comme ça, mais c’est la vie et puis ça m’a permis de ne pas regretter de partir de Langres, je n’avais plus personne qui me retenait. Sauf que là-bas, j’avais personne ,mais ici non plus, je suis même plus seule puisque je n’ai même pas mon chat, un jour j’irai le chercher, je me le promets , je l’aurai bien pris avec moi des le départ mais je ne savais pas où j’allais vivre et peu , voir aucun, hôtels acceptent les animaux de compagnie.

J’espère que mon père n’aura pas la mauvaise idée de se venger de mon départ imprévu en ne donnant plus à manger à ma kitinette ou en la laissant partir loin de la maison alors qu’elle a toujours été enfermée…

Oh miracle, j’entends la porte qui s’ouvre, Romane est rentrée, mais je n’irai pas lui dire bonjour, je ne veux pas la déranger et puis elle va probablement se coucher et dormir jusqu’à demain… vive la vie en colocation, on m’avait pourtant dit que c’était super de vivre avec quelqu’un, on partage plein de fous rires, de blablateries, de secrets et quand on est triste, on a toujours quelqu’un a qui parlé…. Je pense que les paroles qui ont dit ça, n’ont jamais vécut avec Romane qui est aussi chaleureuse qu’une porte de prison, certes elle a des fous rires, mais ce n’est pas avec moi, juste avec son téléphone qu’elle ne quitte jamais, oui elle parle mais pas avec moi, encore et toujours avec son téléphone, ses secrets elle les raconte pas à moi et ses petits tracas de la vie quotidienne non plus, en fait, si je n’étais pas là, ça serait vraiment pareil pour elle, on ne se croise même pas, elle vit la nuit, moi le jour , la semaine je serai en cours, et elle euh ben je sais même pas , mais si on considère que son emploi du temps restera le même : la semaine elle sera là mais pas moi, et le week-end, je serai là mais pas elle.

Ah oui ça c’est sur, la vie en coloc c’est fantastique, merveilleux, et ça permet d’ouvrir l’esprit en partageant la vision de la vie qu’une personne différente… c’est le rêve de tout à chacun …

21.07.2008

15 septembre 2006

  Premier jour de « cours » , je me sens perdue,alors j’ai décidé de t’écrire, je sais que tu ne me jugeras pas, et que tu n’iras pas raconter mes secrets à n’importe qui, tu m’écouteras sans te plaindre, tu me feras réfléchir sur ce que je pense et ressens, et peut-être que tu m’aideras à voir plus clair dans ma vie puisque je te confierai mes pensées les plus profondes pour me décharger d’un poids que je n’ai pas toujours la force de supporter sans broncher. Tu partageras ma vie, tu seras mon double, tu connaitras tout de mes joies, mais aussi de mes peines, de mes fous rires, tu me verras évoluer dans ma nouvelle vie, même si :

Je ne sais pas ce que je fais ici, tu ne sais pas toi pourquoi j’ai décidé de fuir à 200 km de chez moi en abandonnant tout et tout le monde? Bon d’accord moi aussi je le sais, mais je n’avais pas le choix, je ne pouvais plus vivre dans cette atmosphère étouffante, j’y arrivais plus, je voulais vivre au grand jour et dans mon village ce n’était pas possible. J’ai du partir, pour ne plus revenir… et maintenant je me retrouve seule dans cette appartement vide, appartement trouvé en quelques jours, j’ai pas vraiment eu le choix, en plus, je dois le partager avec une folle, elle rentre à 4H du mat, claque les portes, prends une douche alors que ma chambre est collée à la salle de bain  donc ça me réveille et bien sur quand moi je me lève et vis une vie normale, à des horaires normaux, je me fais engueuler parce que mademoiselle veut dormir  !!! Grrrr, j’étais presque mieux chez mes parents, euh non, en fait, c’est pas possible, ma vie à la maison était vraiment devenue infernale, j’avais plus le droit de sortir ni d’inviter des personnes, mon téléphone et mon ordinateur étaient confisqués afin que je revienne dans le droit chemin et que personne puisse m’influencer vers le coté obscur de moi-même, c’est-à-dire, le fait que je sois homo.
 
Eh oui, j’ai eu la naïveté de croire que mes parents m’aimaient assez pour comprendre et accepter que je ne sois  pas la gentille petite fille modèle dont-ils ont rêvé, je ne me marierai pas en blanc dans une église avec toute la famille et les amis réunis autour de moi et mon bien aimé pour célébrer le plus beau jour de notre vie, je ne verserai pas de larmes de joie lorsque le curé dira « je vous déclare mari et femme » , je préfèrerai qu’il dise « je vous déclare  « femme et femme » ou encore « butch et femme » selon le style de la future femme de ma vie.  Bref pour en revenir à mon coming-out, je leur ai dis gentiment « papa, maman, j’ai une grande nouvelle à vous annoncer, j’ai eu mon bac… euh en fait, j’ai plutôt deux nouvelles à vous annoncer, la deuxième est que je suis lesbienne » ,  la fierté que j’ai vu dans leurs yeux pour la première annonce a rapidement fait place à de la colère, mon père s’est levé et avec toute sa gentillesse naturelle m’a mis deux claques et m’a envoyé dans ma chambre, comme une gamine de cinq ans qui a fait une bêtise… j’ai moyennement apprécié comme tu peux l’imaginer , à ce moment là j’ai décidé que je devais couper les ponts avec mes géniteurs, deux mois après c’est chose faite, mais on ne peut pas dire que ça me rende heureuse, je ne me suis jamais sentie aussi seule qu’en ce moment, je ne connais encore personne dans cette ville, la fac est gigantesque, tout le monde passe à coté sans me voir, c’est déstabilisant. J’ai toujours été habituée à vivre dans mon cocon, dans mon village j’étais connue de tous, ça avait des avantages mais aussi des inconvénients … ce soir je peux dire que je regrette d’avoir annoncer à mes parents que je suis lesbienne, parfois vivre cacher, c’est mieux que se sentir nulle, inutile et transparente.
Alors que la vie avance, moi je stagne.