30.03.2009
27 mai 2007
Le lendemain après un dernier baiser, j'ai pris le premier train pour rentrer à Paris. A ma place. Aux cotés de Raphael qui a besoin d'avoir le soutien d'au moins quelqu'un et puis être loin de lui ma permis de me rendre compte que j'étais vraiment amoureuse et que passer ma vie sans lui est impossible, ça serait comme m'arracher une partie de moi, et pas un sein ou un utérus ça c'est un arrachage positif, non non moi je parle plutôt que quelque chose d'utile , un peu comme un cœur ou un cerveau.
Et encore une fois il m'a montré à quel point il est quelqu'un d'exceptionnel, je suis arrivée et il m'a pris dans ses bras, qui m'ont paru bien plus musclés , pour me câliner sans me poser de questions, il n'était ni en colère, ni triste, juste préoccupé de savoir si j'avais réussi à m'en sortir pendant ma fugue, il sait que mon compte en banque est vide et que je ne peux me réfugier chez personne. A sa place, j'aurai explosé, en lui hurlant dessus que ça fait une semaine que j'ai peur et que c'est le pire des connard et qu'il peut faire ses affaires, je ne veux plus entendre parler de lui.
Lui , non, il était calme mais je savais pourtant qu'il était terrorisé pour moi, à la fois que je disparaisse de sa vie et qu'il me soit arrivé quelque chose. Il ne m'a pas demandé où j'étais, ni avec qui, ce n'est pas que ça ne l'intéressait pas mais il avait assez confiance en moi pour savoir que je n'avais rien fait de mal et que j'avais juste besoin de ce moment pour faire le point sur moi, sur lui et sur notre relation.
Il a conscience que ce n'est pas quelque chose d'anodin qu'être au coté d'une personne en transition puisqu'il est quand même le principal intéressé dans l'histoire, mais il ne faut pas que j'oublie que ce n'est pas moi qui vais subir les opérations et l'après opération avec les douleurs, l'impossibilité de bouger le temps de la cicatrisation et les traitements à vie. A partir du moment où il aura eu sa première piqûre, il sera dépendant pour le reste de sa vie à ses hormones, plus jamais il ne pourra partir à l'improviste pour plus de deux semaines puisqu'il faut prévoir les ampoules et avoir un frigo pour les conserver.
Oui je serai à ses côtés et je devrais assumer de l'avoir choisi, mais c'est le temps que son état civil, son corps et son esprit soient en accord. Mais je n'ai pas honte de lui, en restant j'accepte de ne pas le cacher du moins quand il accepte de se faire outer, donc si on me demande qui est la personne qui m'accompagne ou vient me chercher à la fac, je dirai que c'est mon copain et si on le critique, je le défendrais bec et ongles !! J'ai pas grand-chose à perdre, ma famille ne veut plus entendre parler de moi, à part ma mère et je suis sure que mes amis sont assez ouvert d'esprit pour accepter que ma copine devienne mon copain et que moi je sois lesbienne mais en couple avec un garçon. On en ressortira tous plus ouvert d'esprit et intelligent.
Je crois que je vis dans un monde de bisounours , il faudrait que je me mette dans la tête que ça risque de ne pas se passer du tout comme ça et il se peut que plus personne ne veuille entendre parler de moi, ça ne serait que la deuxième fois en un an, mais cette fois ci ça sera plus facile, je ne pars pas vers l'inconnu et je ne serai pas seule, j'aurai Raphael, à deux on est plus forts.
En gros, Raphael, tu l'aime ou je te quitte !!
Une fois la transition finie , je vivrai simplement avec un homme et comme tous les couples hétéros nous nous marierons et nous pourrons avoir des enfants, en étant légalement tous les deux les parents, alors que sans ça, j'aurai été seule parent de nos enfants communs. Mais il est évidement que je ne reste pas avec lui pour ça non plus, j'aurai voulu avoir des enfants avec lui même si nous n'avions pas eu la possibilité, je reste parce que je l'aime chaque jour un peu plus et que c'est lui et personne d'autre.
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