23.03.2009
20 mai 2007
Après cette annonce, je me suis précipitée dans ma chambre pour préparer un sac et partir. Où? J'en sais rien, j'ai pris le premier train que j'ai vu et je n'ai pas su où j'allais, j'ai demandé un billet pour le terminus au contrôleur. Il fallait que je sois seule pour réfléchir à mon avenir avec ou sans lui? J'ai fais le tour des parcs de la ville, j'ai beaucoup pleuré en me demandant quel crime j'avais commis pour me retrouver avec "ça", je n'arrivais plus à dire "lui" mais déjà il n'était plus "elle", oui l'indéfini lui correspondait bien, après tout c'est ce qu'il était non? Ni homme, ni femme de sa propre affirmation.
Et puis, il y a eut cette rencontre un matin, le troisième il me semble, encore une fois j'étais en pleurs sur un banc avec mon sac à dos comme seule compagnie. Elle s'est approchée et m'a demandé si j'étais malade, j'ai levé les yeux vers une toute jeune fille portant une blondinette à couettes de deux ou trois ans et tenant une petite fille aux cheveux noirs par la main et ait répondu que non tout allait bien merci. L'inconnue n'eut pas l'air convaincu par mon explication et envoya les fillettes jouer un peu plus loin mais malgré tout sous nos yeux, afin que nous puissions discuter. Après qu'elle ait beaucoup insisté, j'ai commencé à lui expliquer que je vis une relation passionnelle avec une personne qui est mon colocataire, que c'est particulier entre nous en grande partie parce que j'ai essayé de le tuer au moins d'octobre mais qu'il ne sait pas que je suis son agresseur et puis il m'a fait une annonce qui a eu l'effet d'une bombe et c'est la raison pour laquelle je suis partie. Elle m'a laissé vider mon sac sans réagir avant de conclure par un "wahou quelle histoire !! Ca fait combien de temps que tu es partie? Et tu dors où en ce moment?", j'ai eu honte de lui avouer que depuis deux nuits je dors dans la rue…
Finalement, elle m'a invité chez elle, et a éclaté de rire quand je lui ai demandé si ça ne dérangerait pas ses parents qu'elle invite une inconnue. Sauf que les parents en l'occurrence s'était elle, en effet, elle n'était pas la baby-sitter mais la mère des deux petites filles. Je n'ai pas osé demander où est leur père, j'avais trop peur de rouvrir une plaie pas forcement cicatrisée sur le cœur de mon saveur, et puis aussi j'avais peur de devoir à nouveau passer la nuit dehors je crois.
Je l'ai aidé à rassembler les jouets et nous sommes rentrées , c'était l'heure du goûter puis du bain. J'ai été choquée par la grandeur de son beau F5 au moins deux fois plus grand que mon appartement parisien. Elle m'a demandé si ça me dérangeait de dormir avec elle, parce qu'elle n'avait pas de chambre d'amis et "nous avions encore l'age pour faire des soirées pyjamas" selon elle.
Après, tout est un peu flou, je sais que nous avons mangé puis ses filles sont allées au lit pendant ce temps nous avons parlé, surtout moi, de tout, de rien, de mes parents, de la fac qui ne me plait pas, de l'"accident" suivi de la disparition de Gwen mais j'évitais deux sujets : Clara et Raphael. Mes deux Histoires qui ont tant en commun… un bout de leur prénom, de m'avoir aimé, d'avoir de la difficulté à être eux et aussi d'être des anges, chacun à leur manière et j'espère de tout cœur que Raphael ne choisira pas la même voie que Clara. Je ne suis pas sure que je mérite la mort d'une deuxième personne, et je ne suis pas sure de pouvoir survivre à la mort de ma moitié.
Il y a aussi le souvenir de cette main dans la mienne, toutes les nuits, pour me rappeler que je ne suis pas seule. Et le baiser, au bout de quatre jours qui se transforme en nuit de sexe et de tendresse, nous en avions besoin l'une comme l'autre mais nous savions d'avance que nous ne recommencerions pas, c'était l'Instant et il fallait en profiter pour ne pas regretter mais c'est tout. Nous savions aussi que c'était le point ultime de notre relation, après je partirai, peut-être pour toujours, j'avais la réponse à mes questions.
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