28.07.2008
16 septembre 2006
Hier soir, elle est encore sortie, et elle n’est toujours pas rentrée, il est pourtant 13h, et moi je suis réveillée depuis plusieurs heures, je ne suis pas allée prier puisque je suis devenue athée le jour même où j’ai entendu le Pape parler de l’homosexualité, je ne peux pas accepter de croire en quelqu’un qui laisse dire ça par la personne qui est censé le représenter sur Terre. Et puis, aller à l’église me rappelle trop l’horrible été que je viens de passer, aller à la messe le dimanche matin était ma seule sortie autorisée. Mes parents, surtout ma mère, pensaient que les prières allaient me faire changer… la seule chose qui a changé en moi, c’est ma maturité , j’ai du accepter de devenir adulte d’un coup puisque je devais pouvoir me débrouiller par moi-même. J’ai fais toutes les recherches d’aides, de logement, de fac qui m’accepte et les démarches officielles seule , sans l’aide de personne, pas même celle d’Agathe qui était pourtant ma meilleure amie jusqu’à ce qu’elle sache que je n’avais pas que des sentiments amicaux pour elle. Enfin c’est-ce que je pense puisque du jour au lendemain je n’ai plus eu de nouvelles et bizarrement c’était juste après que ma mère fouille dans ma chambre, trouve des poèmes pour Agathe et les donne à la sienne.
C’est dommage de gâcher 10ans d’amitié comme ça, mais c’est la vie et puis ça m’a permis de ne pas regretter de partir de Langres, je n’avais plus personne qui me retenait. Sauf que là-bas, j’avais personne ,mais ici non plus, je suis même plus seule puisque je n’ai même pas mon chat, un jour j’irai le chercher, je me le promets , je l’aurai bien pris avec moi des le départ mais je ne savais pas où j’allais vivre et peu , voir aucun, hôtels acceptent les animaux de compagnie.
J’espère que mon père n’aura pas la mauvaise idée de se venger de mon départ imprévu en ne donnant plus à manger à ma kitinette ou en la laissant partir loin de la maison alors qu’elle a toujours été enfermée…
Oh miracle, j’entends la porte qui s’ouvre, Romane est rentrée, mais je n’irai pas lui dire bonjour, je ne veux pas la déranger et puis elle va probablement se coucher et dormir jusqu’à demain… vive la vie en colocation, on m’avait pourtant dit que c’était super de vivre avec quelqu’un, on partage plein de fous rires, de blablateries, de secrets et quand on est triste, on a toujours quelqu’un a qui parlé…. Je pense que les paroles qui ont dit ça, n’ont jamais vécut avec Romane qui est aussi chaleureuse qu’une porte de prison, certes elle a des fous rires, mais ce n’est pas avec moi, juste avec son téléphone qu’elle ne quitte jamais, oui elle parle mais pas avec moi, encore et toujours avec son téléphone, ses secrets elle les raconte pas à moi et ses petits tracas de la vie quotidienne non plus, en fait, si je n’étais pas là, ça serait vraiment pareil pour elle, on ne se croise même pas, elle vit la nuit, moi le jour , la semaine je serai en cours, et elle euh ben je sais même pas , mais si on considère que son emploi du temps restera le même : la semaine elle sera là mais pas moi, et le week-end, je serai là mais pas elle.
Ah oui ça c’est sur, la vie en coloc c’est fantastique, merveilleux, et ça permet d’ouvrir l’esprit en partageant la vision de la vie qu’une personne différente… c’est le rêve de tout à chacun …
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21.07.2008
15 septembre 2006
Je ne sais pas ce que je fais ici, tu ne sais pas toi pourquoi j’ai décidé de fuir à 200 km de chez moi en abandonnant tout et tout le monde? Bon d’accord moi aussi je le sais, mais je n’avais pas le choix, je ne pouvais plus vivre dans cette atmosphère étouffante, j’y arrivais plus, je voulais vivre au grand jour et dans mon village ce n’était pas possible. J’ai du partir, pour ne plus revenir… et maintenant je me retrouve seule dans cette appartement vide, appartement trouvé en quelques jours, j’ai pas vraiment eu le choix, en plus, je dois le partager avec une folle, elle rentre à 4H du mat, claque les portes, prends une douche alors que ma chambre est collée à la salle de bain donc ça me réveille et bien sur quand moi je me lève et vis une vie normale, à des horaires normaux, je me fais engueuler parce que mademoiselle veut dormir !!! Grrrr, j’étais presque mieux chez mes parents, euh non, en fait, c’est pas possible, ma vie à la maison était vraiment devenue infernale, j’avais plus le droit de sortir ni d’inviter des personnes, mon téléphone et mon ordinateur étaient confisqués afin que je revienne dans le droit chemin et que personne puisse m’influencer vers le coté obscur de moi-même, c’est-à-dire, le fait que je sois homo.
Eh oui, j’ai eu la naïveté de croire que mes parents m’aimaient assez pour comprendre et accepter que je ne sois pas la gentille petite fille modèle dont-ils ont rêvé, je ne me marierai pas en blanc dans une église avec toute la famille et les amis réunis autour de moi et mon bien aimé pour célébrer le plus beau jour de notre vie, je ne verserai pas de larmes de joie lorsque le curé dira « je vous déclare mari et femme » , je préfèrerai qu’il dise « je vous déclare « femme et femme » ou encore « butch et femme » selon le style de la future femme de ma vie. Bref pour en revenir à mon coming-out, je leur ai dis gentiment « papa, maman, j’ai une grande nouvelle à vous annoncer, j’ai eu mon bac… euh en fait, j’ai plutôt deux nouvelles à vous annoncer, la deuxième est que je suis lesbienne » , la fierté que j’ai vu dans leurs yeux pour la première annonce a rapidement fait place à de la colère, mon père s’est levé et avec toute sa gentillesse naturelle m’a mis deux claques et m’a envoyé dans ma chambre, comme une gamine de cinq ans qui a fait une bêtise… j’ai moyennement apprécié comme tu peux l’imaginer , à ce moment là j’ai décidé que je devais couper les ponts avec mes géniteurs, deux mois après c’est chose faite, mais on ne peut pas dire que ça me rende heureuse, je ne me suis jamais sentie aussi seule qu’en ce moment, je ne connais encore personne dans cette ville, la fac est gigantesque, tout le monde passe à coté sans me voir, c’est déstabilisant. J’ai toujours été habituée à vivre dans mon cocon, dans mon village j’étais connue de tous, ça avait des avantages mais aussi des inconvénients … ce soir je peux dire que je regrette d’avoir annoncer à mes parents que je suis lesbienne, parfois vivre cacher, c’est mieux que se sentir nulle, inutile et transparente.
Alors que la vie avance, moi je stagne.
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